Constantine distinguée dans le classement 2026 de The Observer
Dans son classement des destinations à suivre en 2026, le journal britannique The Observer met en lumière une ville longtemps restée à l’écart des radars touristiques internationaux : Constantine, porte d’entrée du '“Nord romain algérien”.
Un des 8 ponts de la ville de Constantine, en Algérie (Crédit : Direction l'Algérie / Ayadi Productions)
À l’heure où les voyageurs recherchent des destinations authentiques, à forte valeur culturelle et loin des sites saturés, The Observer a inscrit la cité algérienne de Constantine parmi 11 destinations à suivre en 2026.
Perchée sur des falaises abruptes dominant les gorges du Rhumel, Constantine est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées au monde. Connue dans l’Antiquité sous le nom de Cirta, elle fut tour à tour numide, romaine, ottomane et coloniale. Contrairement à d’autres grandes cités méditerranéennes au passé comparable, Constantine, à l’image du reste du territoire algérien, demeure largement épargnée par le tourisme de masse. C’est précisément cette richesse historique, conjuguée à une fréquentation encore limitée, qui a retenu l’attention du célèbre média britannique.
La ville des ponts suspendus
Dans la majorité des parcours proposés par les voyagistes, Constantine apparaît comme l’étape charnière. Ville verticale, reliée par ses ponts emblématiques, elle offre un visage saisissant de l’urbanisme façonné par la contrainte géographique. Suspendue au-dessus du vide, la cité impressionne par sa topographie singulière, tout en restant profondément vivante, habitée et animée par le quotidien de ses habitants.
L’amélioration annoncée des connexions aériennes intérieures, notamment à la suite du rachat de Tassili Airlines par Air Algérie, devrait renforcer le rôle de Constantine comme hub culturel et patrimonial du Nord-Est algérien. L’hypothèse d’une future liaison directe avec New York, évoquée dans le secteur aérien, témoigne également d’une volonté d’ouverture accrue.
Le “Nord romain algérien”
Au-delà de la ville elle-même, Constantine s’impose comme le point d’ancrage idéal pour explorer l’un des ensembles archéologiques les plus impressionnants d’Afrique du Nord. Car à proximité, les sites romains de Timgad et Djemila rivalisent sans peine avec ceux d’Italie par leur état de conservation, leur ampleur et leur lisibilité.
Fondée par l’empereur Trajan, Timgad déploie encore aujourd’hui son plan orthogonal presque intact, tandis que Djemila, elle aussi inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, illustre l’adaptation ingénieuse de l’urbanisme romain bâti dans un relief montagneux. Là où des sites comparables en Tunisie ou au Maroc sont envahis par les visiteurs, ces ruines algériennes sont épargnées de la foule.
Un tournant en cours
Si l’Algérie est longtemps restée en marge des grands flux touristiques, c’est en grande partie en raison d’un système de visas jugé complexe. Cette situation est en train d’évoluer, plaçant progressivement le plus grand pays d’Afrique parmi les destinations émergentes.
Le pays propose désormais des visas à l’arrivée pour les voyageurs inscrits à des circuits organisés, tandis que des visas électroniques sont en préparation. Ces réformes s’inscrivent dans un plan national ambitieux visant à atteindre 12 millions de visiteurs annuels d’ici 2030.
En 2026, des voyagistes internationaux lanceront leurs premiers itinéraires dans le pays, avec un accent particulier sur le nord du pays : Alger, sa Casbah plongeant vers la Méditerranée, puis les grandes villes historiques de l’intérieur, à commencer par Constantine. Des régions que The Observer décrit comme plus adaptées à un développement touristique progressif et maîtrisé.